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10.05.2008
ECOLE / les trois vies de l'enseignant
Il y a trois périodes dans la vie d'un enseignant.
* Les dix premières années, où il ne sait pas grand-chose et où il apprend.
On pourrait croire que ce sont les plus difficiles, et bien non. Même si Directeurs et Inspecteurs le regardent avec condescendance (enfin quelqu'un à se mettre sous la dent pour justifier leur pontifiant verbiage...). Mais s'il est modeste et fait amende honorable (ce qui ne fut jamais mon cas), ils sont enclins à lui pardonner ses faiblesses et lacunes...
* Les dix années suivantes, où il sait suffisamment de choses pour faire un travail intéressant et autonome, en oubliant les enseignements théoriques, abstraits, futiles et inutiles des grands pédagogues visionnaires et les circulaires pondues par des incapables instruits...
Ce sont les années les plus intéressantes.
* Et les dix dernières, où il se croit sorti d'affaire, pense maîtriser son sujet. Grave erreur ! C'est là que les ennuis qu'il ne soupçonnait pas, lui tombent sur la tête en catastrophe, comme les livres d'une bibliothèque.
Tout le monde s'y met pour lui faire croire qu'il ne sait rien, ne fait rien, ne maîtrise rien ; parents, enfants, collègues bien intentionnés (qui poussent l'orage sur lui, pour s'en éloigner), Inspecteurs, qui n'ayant généralement jamais enseigné, savent d'autant mieux que lui (selon l'adage, "la critique et facile, l'art est difficile"...).
Tout ce petit monde lui tombe dessus à bras raccourcis et s'en donne à coeur joie. Comme si, en critiquant, ils se donnaient l'illusion d'être bon...
C'est la technique du tabouret, on vous passe le tabouret et quand vous êtes dessus, on le retire brutalement...
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ECOLE / Souvenirs / Préambule
Je n'ai jamais voulu parler de mes souvenirs d'école, c'était trop dur.
J'ai quitté l 'Education Nationale en catastrophe, j'ai sauté du train en marche.
"Courage fuyons" disait Napoléon (C'est bizarre que Napoléon ait dit ça...).
La dernière chose que j'aurais souhaité, eut été d'arriver à la retraite avec la médaille du mérite, ou pire les palmes académiques, ni même entouré de collègues chenus et blanchis sous le harnais pour un départ joyeux, émouvant, arrosé et combien tragique...
J'ai essayé de faire de mon mieux ce métier, que j'ai aimé, ça a pas été facile. Le reste ne m'intéresse pas.
Bien sûr, dans nos succès et nos échecs, il y va de notre responsabilité.
Mais c'est comme un champ de mines, quand la tentation vous prends de quitter les chemins ordonnés du savoir mécanisé, et que vous sautez sur une mine, à qui la faute ? A vous sans doute...
10:25 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


