07.11.2007

I-4 LE BONHEUR EST DANS LA VALLEE 2

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Le soleil se lève sur la vallée du Dadès. En ce mois de novembre, le ciel est lumineux, mais l'air vif et piquant. La vallée est un jardin luxuriant entre les collines dépouillées, piquées de rares arbrisseaux, refuges des chèvres capricieuses à manteau noir. Je prends un taxi collectif, un mini bus Mercedes, nous sommes 22 pour 8 ou 10 places. Le chauffeur me laisse en haut de la vallée. J 'entreprends la descente, douce et tranquille. Les enfants me saluent, les jeunes filles me sourient. On a vraiment l'impression d'être au bout du monde, dans un coin de paradis perdu, katmandou dans l' Atlas. On me demande où je vais, si je suis allemand, américain ou anglais... mes yeux sans doute... On m'invite à boire un thé, non sans essayer de me vendre quelques tapis... Je visite la maison, c'est une splendeur, un hâvre de paix, refaite à l'ancienne, poutres de platane écorcées et tordues, plafond de joncs tressés.. mur de terre cuite et technique de lissage à la cire... Ils me proposent de partager leur repas, de passer le nuit... La fille du logis est belle à ravir... Elle est active et souriante, pleine de vie... Elle me regarde en travaillant... J'imagine le pire... Alors il vaut mieux partir... Que le destin n'arrête pas mon chemin... Je reprends ma route. Les femmes sortent des jardins, portant de lourdes charges en jacassant, tandis que les hommes devisent tranquillement sur le parvis des maisons et me saluent. Des jeunes filles tirent et frappent en riant une maigre vache qui ne demande qu'à avancer... Pourquoi ceux qui subissent l'oppression millénaires des hommes et de leurs lois, exercent-elles à leur tour cette oppression sur plus faibles qu'eux ? Les enfants me demandent un dirham, un stylo ou un bonbon, c'est les seules phrases qu'ils connaissent en français. En bas, dans la rivière, les femmes nettoient le linge, des tapis d'un rouge violent, et surveillent les enfants qui se chamaillent en s'aspergeant d'eau lumineuse. Des kasbahs de terres cuites défient le temps, fières et majestueuses sur leurs pitons rocheux, vestiges des razzias entre nomades du désert et sédentaires des vallées, qui résonnent encore des "fantasias" de cavaliers à grands fusils et des "youyous" des femmes berbères. Tout respire le calme et la sérénité, je suis heureux... Comment ne pas l'être ? Mille ans, rester mille ans dans cette vallée éternelle... Comme le temps immuable... Comme l'eau, la vie qui s'écoule douce et tranquille...